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Sagesse · 4 œuvres

塞翁失馬,焉知非福 : le vieil homme qui perdit son cheval

« Le vieil homme de la frontière perd son cheval : qui sait si ce n’est pas une chance ? » Ce proverbe chinois résume un récit du Huainanzi, un recueil du IIe siècle av. J.-C. L’histoire est courte et ne se termine jamais vraiment : c’est toute sa sagesse.

Le proverbe et sa source

塞翁失馬,焉知非福 (sài wēng shī mǎ, yān zhī fēi fú) : « Le vieil homme de la frontière perd son cheval : qui sait si ce n’est pas une chance ? »

La formule, telle qu’on la dit aujourd’hui, est un proverbe : elle condense une histoire racontée dans le Huainanzi, au chapitre intitulé « Renjian », « Le monde des hommes ». Le Huainanzi est un vaste recueil compilé à la cour de Liu An, roi de Huainan, et présenté à l’empereur Wu des Han en 139 av. J.-C. Le texte ancien ne contient pas ces huit caractères mot pour mot ; le proverbe les a resserrés plus tard.

Le récit

Près de la frontière du nord vivait un vieil homme avec son fils. Un jour, leur cheval s’enfuit chez les nomades. Tout le monde vint le consoler. Le vieil homme répondit : « Qui sait si ce n’est pas une chance ? »

Quelques mois plus tard, le cheval revint, ramenant avec lui de beaux chevaux des nomades. Tout le monde vint le féliciter. Le vieil homme répondit : « Qui sait si ce n’est pas un malheur ? »

La maison était désormais riche en bons chevaux, et le fils aimait monter. Il tomba et se brisa la cuisse. Tout le monde vint consoler la famille. Le vieil homme répondit encore : « Qui sait si ce n’est pas une chance ? »

Un an plus tard, les nomades franchirent la frontière en force. Les hommes valides prirent les armes, et neuf sur dix moururent au combat. Le fils, à cause de son infirmité, ne fut pas enrôlé, et le père et le fils eurent tous deux la vie sauve.

Le texte conclut que la chance devient malheur et le malheur chance, que ces transformations n’ont pas de fin et que leur profondeur ne se mesure pas.

Mot à mot

  • 塞 sài (13 traits) : la frontière, la passe fortifiée ; prononcé sāi, le même caractère veut dire « boucher ».
  • 翁 wēng (10 traits) : le vieil homme.
  • 失 shī (5 traits) : perdre.
  • 馬 mǎ (10 traits) : le cheval ; forme simplifiée 马.
  • 焉 yān (11 traits) : comment ? ; ici, interrogatif.
  • 知 zhī (8 traits) : savoir.
  • 非 fēi (8 traits) : ne pas être.
  • 福 fú (13 traits) : le bonheur, la bonne fortune.

Les quatre premiers caractères racontent (« le vieux de la frontière perd son cheval »), les quatre suivants interrogent (« comment savoir si ce n’est pas un bonheur ? »). 焉知 est une question oratoire : « qui peut savoir ? ». En graphie simplifiée : 塞翁失马,焉知非福.

Ce qu’il veut dire aujourd’hui

On cite ce proverbe pour consoler après un revers : un emploi perdu, un projet qui échoue, un train manqué. Mais le récit est plus subtil qu’une promesse que « tout finit par s’arranger ». Le vieil homme se méfie aussi de la bonne nouvelle. Sa sagesse n’est pas l’optimisme : c’est le refus de juger trop vite un événement, parce que ses conséquences ne sont pas encore connues.

C’est une leçon de patience et de recul, qu’on peut offrir à quelqu’un qui traverse un moment difficile, sans fausse consolation. Elle rejoint l’expression 隨遇而安, être bien là où la vie nous mène et 放下, lâcher prise. Le dernier caractère, 福, le bonheur, a sa propre page, de même que le signe chinois du Cheval.

Le rouleau

Sur le rouleau, le proverbe s’écrit en deux colonnes de quatre caractères. On lit d’abord la colonne de droite, 塞翁失馬, de haut en bas : le fait. Puis la colonne de gauche, 焉知非福 : la question, qui se termine sur 福, le bonheur, comme sur une porte entrouverte.

Les caractères suivent le style régulier (kaishu), graphie traditionnelle ; ils sont dessinés par des programmes écrits pour l’atelier, avec un rendu qui imite le pinceau, sur un panneau de papier monté dans une soie unie. Il trouve sa place dans un salon ou un bureau, là où l’on prend ses décisions.

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Questions fréquentes

D’où vient le proverbe 塞翁失馬焉知非福 ?

D’un récit du Huainanzi, recueil présenté à l’empereur Wu des Han en 139 av. J.-C. Le proverbe en résume l’histoire en huit caractères.

Que raconte l’histoire du vieil homme et du cheval ?

Le cheval s’enfuit, puis revient avec d’autres ; le fils tombe et se brise la cuisse, puis échappe à la guerre grâce à cette infirmité. À chaque fois, le père refuse de juger trop vite.

Que signifie 焉知非福 ?

« Qui sait si ce n’est pas une chance ? » : 焉 marque la question, 福 désigne le bonheur, la bonne fortune.

Comment se prononce 塞 ici ?

sài, au sens de frontière. Prononcé sāi, le même caractère veut dire boucher.