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Caractères · 11 œuvres

力, le caractère chinois de la force

Deux traits, pas un de plus : 力 est l’un des caractères les plus simples du chinois, et l’un des plus exigeants pour le pinceau. Il dit la force du corps, mais aussi l’énergie, la capacité, l’effort.

力, la force en deux traits

力 se lit lì, au quatrième ton, une voix qui tombe d’un coup, comme un geste. Il signifie la force physique, la puissance, l’énergie, et plus largement la capacité de faire : 能力, néng lì, c’est l’aptitude, la compétence. Faire des efforts, s’appliquer, se donner du mal se dit aussi avec lui. C’est une force en action, celle qui soulève, pousse, travaille.

Il ne faut pas le confondre avec 強, qiáng, qui dit le fait d’être fort, de se renforcer, comme dans « Se fortifier sans relâche », 自強不息, tiré du Yi King. 力 est la force elle-même ; 強, la qualité de celui qui en a.

力 s’écrit de la même façon en traditionnel et en simplifié.

Un caractère qui ne pardonne rien

力 compte 2 traits. Le premier est un trait horizontal qui tourne vers le bas et se termine par un crochet ; le second, une longue oblique qui le traverse en partant du haut et file vers la gauche. C’est tout. Avec si peu de matière, aucune maladresse ne se cache : l’épaisseur, l’angle du crochet, la courbe de l’oblique, tout se voit. Les calligraphes le savent, les caractères les plus simples sont souvent les plus difficiles à réussir.

力 est aussi l’une des 214 clés du dictionnaire de Kangxi, la classification classique des caractères. On le retrouve donc dans d’autres caractères qui ont trait à l’effort : il forme la partie basse de 勇, le courage, et la partie droite de 勤, l’application, dans le proverbe « Le Ciel récompense l’effort », 天道酬勤. Quant à savoir ce que représentait le dessin d’origine, un bras ou un outil agricole, les spécialistes en débattent : mieux vaut ne pas trancher.

La planche Ordre des traits montre les deux étapes, et notre guide de l’ordre des traits en donne les règles générales.

La vraie force, selon Lao-tseu

Au chapitre 33 du Tao-tö-king, Lao-tseu distingue deux forces : celui qui vainc les autres a de la force, c’est 力 ; celui qui se vainc lui-même est fort, et le texte emploie alors 強. La phrase appartient au même chapitre que « Qui se connaît soi-même est éclairé ». Pour Lao-tseu, la force qui compte est intérieure ; il dira ailleurs, en substance, que la souplesse vient à bout de la dureté, une idée que résume le proverbe « La souplesse l’emporte ». Notre guide Lao-tseu et le Tao-tö-king développe ces passages.

Les tableaux 力 et où les accrocher

Quatre styles existent. En Encre, le caractère seul sur papier de riz montre tout ce que le pinceau peut dire en deux gestes : l’appui au départ, la tension du crochet, et le « blanc volant » au bout de l’oblique, là où l’encre s’épuise. En Traits, deux aplats de couleur sur la grille d’écolier, un disque derrière parfois : une affiche d’une grande économie, très graphique. La planche Ordre des traits, courte par nature, et le Sceau rouge complètent la série.

Un caractère aussi dépouillé supporte très bien le grand format, où il prend une présence sculpturale (grands tableaux). On l’imagine dans une salle de sport, un dojo, un bureau où l’on a besoin d’élan (tableaux pour le bureau), ou dans la chambre d’un adolescent. Il dialogue bien avec 虎, le tigre et 龍, le dragon.

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Questions fréquentes

Comment écrit-on « force » en chinois ?

Avec le caractère 力, prononcé lì, au quatrième ton. Il s’écrit de la même façon en traditionnel et en simplifié.

Combien de traits a 力 et dans quel ordre ?

Deux traits : d’abord l’horizontal qui tourne vers le bas en crochet, puis la longue oblique qui le traverse vers la gauche.

Quelle différence entre 力 et 強 ?

力 (lì) est la force elle-même, l’énergie que l’on exerce ; 強 (qiáng) dit le fait d’être fort ou de se renforcer.

Que dit Lao-tseu de la force ?

Au chapitre 33 du Tao-tö-king : celui qui vainc les autres a de la force, celui qui se vainc lui-même est fort.